Commençement et finalités.

Ecrire.

# Online seit Sonntag, 06. September, 2009 um 09:25

Geändert am Sonntag, 06. September, 2009 um 09:36

Soubresaut.

Soubresaut.

Ce fut simple. Il aura fallu quelques secondes à la musique pour recréer tout le décor. La salle plongée dans le calme ne laisse place qu'aux notes qui s'enchainent sous les conseils du professeur. Le grand miroir scrute la pièce, avide de matière. Il nous renvoie nos visages impatients, nos yeux grands ouverts, notre c½ur attendri se resserrant au fond de notre poitrine. L'impatience à l'unisson, un soir d'hiver. De tous les privilèges, je ne crois pas avoir connu plus intime, plus charmant et plus délicat que celui ci. L'essence même de la passion, offerte à une étrangère, un publique novice et néanmoins impressionné.

Elle est apparue à nous, princesse chétive, délicieusement concentrée. Et d'abord l'évidence, nous savions ce qui allait se produire. La musique devenue omniprésente a refermé sur nous l'adorable piège qu'elle nous avait réservé. Les notes se sont faites plus fortes et la magie a opéré. Ses pas ont caressé le sol, avec la grâce et la certitude d'une professionnelle. Elle ne nous regardait pas, non. Le premier mouvement a ouvert le bal, comme celui qu'aurait fait l'aiguille d'un métronome divin. Je suis restée longtemps assise sur ce banc à la suivre des yeux. Je savais ma chance, je connaissais sa passion, je découvrais son travail et je m'émerveillais de son talent. Longuement les mots me sont venus en tête mais je ne savais lesquels choisir. A ce moment précis, j'eus l'impression de la connaitre mieux que quiconque. J'ai aimé l'illusion de facilité qu'elle nous jetai au visage ; la poésie avec laquelle est était elle-même. Tout simplement. Dans le son du piano, je reconnaissais sa voix, dans la force de ses jambes, je trouvais son caractère. Je confirmais son élégance soulignée par son costume et je souriais devant son visage qui reflète encore maintenant l'essentiel de sa beauté. A plusieurs reprises, je suis parvenue à croiser son regard inquiet. Indicible, infatigable et magnifique. Elle semblait défier le sol en le repoussant de ses pointes. Ses cheveux glissaient le long de son dos lorsqu'elle renversait sa tête en arrière lors d'une prouesse gracieuse. Je ressens encore la qualité de l'instant qu'elle nous a fait vivre. Je ne peux oublier l'intensité de son aptitude à créer la beauté, du bout de ses doigts, exactement comme l'aurait fait une fée. Elle a dansé devant nous. Irréelle et majestueuse.


# Online seit Sonntag, 06. September, 2009 um 10:20

Où le ciel n'existe pas

Où le ciel n'existe pas
Je voudrais pouvoir te raconter ça, le faire facilement.
Tu me connais, tu sais. Tu sais que je pars en vrille dans ces moments là. C'est l'autre morceau de moi qui domine le jeu. C'est une règle fondamentale.

Je voudrais que tu ressentes ou que tu comprennes ce qui s'est passé à ce moment là. C'était énorme tu sais. L'émotion qui t'éclate à la gueule... Vive, brulante, dévastatrice. Tu reviens à l'état de rien. Tu es anéantie. Tu es un néant fabuleux où seul la musique te guide.
On en a rêvé des dizaines de fois. On en a imaginé des scénarios. On a voulu comprendre le pourquoi du comment... La panique merveilleuse, l'excitation absolue, l'envie démentielle.

On a fait comme si on savait que ça allait bien se passer. On s'est douté que la soirée serait terrible. On le savait... on le savait... on le savait.

Souviens-toi de ça.

Un homme assis dans un couloir
A l'enfantillage
Moi je n'aime pas les amoureux
Et dieu créa les mêmes


C'est une vague, une rafale, un flot émotionnel. Un monde où tu t'oublies littéralement. Les images défilent, te parlent. C'est la mer, la forêt, le ciel. C'est toute ta vie qui prend un sens, ton corps qui s'éveille. C'est une messe. Il est là. Il est là. Il est là. C'est apocalyptique. C'est la fin du monde de tous les jours, la naissance d'une autre vie que tu partages avec 7000 personnes.
Ils sont beaux. Il est beau.
La musique te fait chavirer. Je redécouvre ma voix, mon corps, mes limites. On a pratiquement danser trois heures dans la chaleur et le bruit. Je garde vos sourires. Nos voix qui s'envolent. Je sens encore la douce brulure des larmes qui coulent sur mes joues. J'ai fermé les yeux plusieurs secondes comme pour éponger la musique. Tu sais, dans dix ans, on sentira encore ces marques indélébiles. C'est l'essence d'une vie, une bouffée de jeunesse.
On a demandé tellement à notre corps, on a voulu toujours plus. Tout affronter chaque jour, en étant récompensé d'un instant de bonheur ultime où personne n'est venu nous atteindre.
On les connait toutes ces paroles, on les scande, on les savoure, on s'en délecte... C'est eux, c'est nous. La fusion d'une grande et belle famille, la notre.

Est-ce vraiment nécessaire d'en dire plus?
Indo. Hier. Aujourd'hui. Demain.


Ce texte est dédié à Mathilde. Parce que je sais que toi aussi tu as ressenti tout ça.
Et pour l'image, elle est tirée de "l'Amant", merveilleux roman de Marguerite Duras. Celui qui a inspiré Trois nuits par semaine.

# Online seit Sonntag, 11. Oktober, 2009 um 09:09

Et Dieu créa l'écrivain du 21ème siècle.

Bien évidemment, j'ai envie de tout vous dire...
De vous parler de sa main dans la mienne où bien de ce que ça fait de la prendre dans mes bras... Un jour peut-être, quand mon cerveau aura réalisé ce qui s'est produit.


Et Dieu créa l'écrivain du 21ème siècle.

# Online seit Sonntag, 11. Oktober, 2009 um 11:53

The air that I breathe.

The air that I breathe.
Les champs qui s'étendent à perte de vue. La plaine enchantée. Lélie assise, Lélie allongée. Un rayon de soleil éblouissant vient s'inviter.
C'est l'été. Saison vive.

Une fleur étendue sur l'herbe. Belle et rêveuse. C'est Lélie.
Elle s'est allongée ici, sous le vieil arbre. C'est devenu habituel avec le retour du soleil. On traverse la plaine, on effleure les hautes herbes du bout des doigts, on frôle le décor, on se l'approprie. Installée sous les branches, loin des rayons qui aveuglent, on se laisse bercer, le sourire aux lèvres, les yeux clos. Instant sourd, éloigné. Loin de tout, loin du monde, loin de la vie. Lélie au soleil, étendue comme un ange. Les pieds nus, un frisson. C'est le vent qui chatouille ses pieds. Lélie a 6 ans, 15 ans, 20 ans, peut-être un peu plus, je ne l'ai jamais su.
Silhouette divine, fantomatique, fébrile. Princesse aux cheveux d'or entremêlés sur le sol, des boucles blondes insolentes qui s'écroulent en cascade sur une herbe qui brille. Fillette.
Aujourd'hui, pas de livre... Juste un moment privilégié. Le calme égoïste et serein. Une robe légère. On arrache une fleur, on en inspire tout le parfum pour ne pas l'oublier. Ses doigts caressent le sol, ses paupières se ferment doucement. On entend les oiseaux qui chantent, qui observent sans même se méfier. Il fait si beau. Le soleil enveloppe le temps, le préserve. Il le glace. Lélie est une soeur, une enfant, une reine, une dame. Elle sauve, rend heureux, fait sourire, manque.
Le temps passe, se prélasse. C'est la saison, elle a raison. Elle, comme un refrain. Une chanson évidente. Lélie est une artiste. Elle joue à un jeu de hasard, vole une à une les pétales d'une fleur. C'est un être qui rêve , une personne qui voyage. Le temps fait sa place et la rend toujours plus belle, plus unique et plus rare.

Lélie respire la vie en vidant ses pensées. Lélie sous les étoiles, un beau jour d'été.

# Online seit Montag, 02. November, 2009 um 06:34

Geändert am Montag, 02. November, 2009 um 11:01